WeltKultur / Culture mondiale

En ces temps de débats socio-politiques sur l'intégration culturelle, le BLM propose avec sa nouvelle exposition permanente une approche muséographique innovante. Il offre de façon vivante et communicative des éléments pour la compréhension des cultures et nous invite à reconsidérer nos idées reçues, que ce soit dans le domaine de la théorie des cultures que de l’histoire ou de la politique.

Contrairement à l’usage muséographique, l'exposition prend en compte la représentation cyclique ou périodique que la plupart des civilisations se font du cours de l’Histoire. Les objets sélectionnés attestent que les cultures se sont toujours influencées mutuellement. C’est pourquoi l’exposition ne se contente pas de mettre en présence des témoignages des cultures européenne et extra-européennes : elle met aussi l’accent sur le rôle de cultures intermédiaires au moyen d’objets appropriés.

Le BLM est l’un des rares musées au monde à se consacrer – au moyen de comparaisons, de renvois et de références – aussi bien à la thématique de la diversité culturelle qu’aux liens d’interdépendance transculturelle, visant ainsi à une nouvelle conscience historique. C’est dans ce contexte qu’il faut entendre le nom de ce nouveau département qui, en dépit de la genèse de ses collections, présuppose le phénomène d’une culture unique englobant le monde : car toute civilisation, en rencontrant l’Autre, est amenée à s’approprier un certain nombre d’artefacts étrangers puis à modifier ses découvertes en quelque chose qui lui appartient en propre.

L’assimilation d’un élément étranger peut, sous certaines conditions, se reproduire une nouvelle fois, il arrive même qu’elle retourne à son lieu d’origine où elle subit alors une nouvelle modification. Le retour de phénomènes de mode de l’Orient et d’un néo-orientalisme dans les pays occidentaux à la suite du 11 septembre 2001 en est tout autant l’illustration que l’émergence d’un orientalisme en Orient même, lequel va jusqu’à réinventer une identité culturelle prétendument originale à partir du point de vue de l’Étranger.

L'exposition se conclut par un forum vivant qui permet à des personnes de différentes nationalités d'échanger : la terre d’appartenance, l’identité et le caractère versatile de ces notions, sont les thèmes auxquels les migrants peuvent apporter activement leur contribution. Pour la première année, le coup d’envoi est donné par Ana Maria Garcia Rios, une femme d’origine espagnole.